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Hommage au Dr Michel Madigand , décédé le Jeudi 26 Octobre 2017

G. Edan

Nous nous accordons tous pour dire que Michel Madigand a plusieurs facettes remarquables .. Et chacune mérite d’être rappelée :

Histoire familiale qu’il nous a livré dans son récit : De la fontaine à la mer , le chemin de vie d’un petit breton de Cartady, avec la fidèle complicité de Jocelyne dont il a accompagné le combat contre la maladie et pour la vie, et il a partagé le bonheur d’avoir Rachelle puis Iwan si près d’eux .
Histoire d’homme pleinement engagé dans la vie publique , débatteur et conseiller recherché au sein des organisations de la vie civile et hospitalière : celle des amis du parti socialiste, à Rennes et à St Brieuc , celle de la Mairie de St Brieuc, celle des directions hospitalières avec lesquelles ,il a œuvré avec détermination pour faire évoluer le centre hospitalier de ST Brieuc vers un hôpital authentiquement de référence régionale , se rapprochant dans ses missions de soins de celles d’un CHU .
Histoire de médecin , ce neurologue visionnaire, je l’ai observé pendant plus de 30 ans. Nous avions suivi à Rennes une formation parallèle, influencé par les mêmes maitres : Les Pr Simon, Bourel, Sabouraud, Pecker.. Nous étions deux médecins bretons à suivre le même cursus , nous faisant qualifié durant notre formation en neurologie, médecine interne, diabétologie, non pas par hésitation sur notre exercice futur mais par l’intuition partagée que cette transdisciplinarité nous aiderait à aborder mieux l’approche globale des soins aux patients et la compréhension de leur maladie .La clarté de sa pensée, son attitude bienveillante à l’égard des générations plus jeunes de neurologues :Catherine Allaire, Réda Mourtada, Serge Belliard, Philippe Muh, Véronique Golfier, François Lallement, Racha Wardi et bien d’autres , ont fait naitre des vocations de neurologues , un sentiment d’appartenir à une même communauté qui s’est incarnée en créant ensemble l’association neuro-Bretagne. Il est le fondateur de la neurologie briochine, fédérant et organisant le travail d’une belle équipe dont de nombreux CHUs pourraient envier le dynamisme et la compétence.

Son esprit , ses valeurs nous habitent et nous continuerons longtemps à les faire vivre… La puissance de ses actions et son amour de l’autre pendant toute son existence pourrait le rendre éligible pour une sorte de «canonisation» laïque , car comme l’a si justement écrit MG Bousser , neurologue prestigieuse et membre du conseil national d’éthique dans son dernier message à Michel : « J’ai été heureuse de croiser sa route ; c’est la rencontre des gens de qualité comme lui qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue »

Je ne peux m’empêcher de vous lire les dernières paroles de Michel dans son récit de vie : « La Vie, l’Amour, la Mort, ainsi se résume notre parcours .. La vie découle de l’Amour, avant la rencontre du père et de la mère, nous n’étions rien. La vie a pour ambition le bonheur, elle est le plus souvent un combat, mais il y a des combats heureux. Un jour la vie s’achève et c’est la mort, le passage sur l’autre rive où il n’y a plus ni forme, ni temps, ni être : nous retournons à l’état où nous étions avant la vie. Nous ne survivons dès lors qu’en mémoire chez ceux que l’on a croisés et aimés et chez ceux qui nous ont croisés , connus, appréciés ou aimés, en fonction de l’histoire de chacun .. C’est l’autre, vivant pleinement dans le temps , qui nous fait vivre l’au delà de notre temps. ».

C’est donc à chacun d’entre nous qu’il appartient dorénavant de faire vivre la part d’éternité que nous avons reçu de Michel.

 


 

F. Lallement

Bonjour á tous
Je suis Francois Lallement

Je me présente devant vous ainsi que Gilles à la demande de Michel pour évoquer sa vie professionnelle au moins pour la composante briochine

Après un stage d’interne dans le service en 1998, Michel m’a proposé de revenir comme praticien et de prendre sa suite progressivement.
Je pensais que cela consistait à prendre en charge les patients ayant une sclérose en plaque ou une maladie de Parkinson, mais très vite j’ai compris que prendre sa suite signifiait beaucoup plus.
Il y a 15 ans avant de mourir, mon père en réfléchissant sur le bilan et le sens de sa vie me confiait que la transmission aux autres en était le sel et le fondement.
Michel apporte sa réponse en deux temps

  • dans le récit de sa vie écrit pour Ywan , son petit fils, il livre que: " ce qui fait le sel de la vie c’est l’altérité. Vivre seulement pour soi n’ a guère d’intérêt, mais vivre pour l’autre nous remplit de ces bonheurs quotidiens, qu’ils se nomment aspiration à la paix,recherche du vivre ensemble, sens du commun, respect de l’autre,dialogue, convivialité,solidarité, amitié, amour."
  • A la question posée par Gilles ," pourquoi tout le monde pense que tu es une sorte de saint? » il répond alors sans hésiter malgré la voix qui défaille « innovation et positivisme »

Voilà donc le trépied qui nous éclaire sur ses actions.

Le 2 novembre 1982 Michel arrive dans l’hôpital flambant neuf de St-brieuc, construit là où broutaient les vaches de la ferme de la beauchée, dans le service de médecine C à orientation neuro, Joëlle Dien en étant la chef de service depuis peu. Avec une bande de médecins spécialistes trentenaire et motivés ( P Simon, YM Beauverger, PH Bihet, O Nouel, J et G Dien, G Guivarc’h et P Morice) va alors se construire un hôpital basé sur des services spécialisés ce qui a fait par la suite le succès et la renommée de notre hôpital devenu Y Le Foll en 2000.

A ses début Michel va cumuler les fonctions de neurologue, endocrinologue, interniste et réanimateur puis par la suite celle de neurologue, membre du CA et conseiller municipal dans l’équipe de C Saunier.
Est ce pour cela qu’il commençait sa visite dans le service des 7 h du matin?

Sur son initiative:

  • il va plaider auprès de MR Sabouraud et du ministre E Hervé, l’obtention du premier scanner public pour les côtes du nord
  • obtenir auprès du doyen M Simon que soit créé un service d’endocrinologie et diabetologie en 1986 recrutant Anne Colobert
  • Création du service des exploration neurologique en 1987recrutant C Allaire puis rapidement Réda Mourtada
  • Il suggère à M Desthomas en tant que membre du CA d’agrandir l’hôpital constamment saturé en construisant un pavillon de la mère et de l’enfant avec le succès que l’on connaît.
  • Obtient l’arrivée de l’IRM en 90
  • Extension du service de neurologie avec consolidation des surspecialites
  • Va créer et animer la première unité neuro vasculaire de Bretagne, le 1er novembre 2003,deux jours avant la sortie du décret les autorisant. L’histoire souvent ironique fera que cette unité sera celle où il sera accompagné dans ses derniers instants par l’équipe avec qui il avait pour la plupart d’entre eux travaillé.
  • Va travailler de 2007 à sa retraite sur la première version d’ une 5 eme aile technique et ambulatoire qui ne sera construite dans une autre version sur trois niveaux que à partir d’octobre 2018
  • Va présider les premières années France AVC 22
  • Va inventer une prescription originale dite pyjama fauteuil, qui va déconcerter plusieurs générations d’infirmières mais qui marque son attachement à la dignité des malades, mise à mal par les chemises ouvertes et le change complet.

Dans le même temps, à chaque visite et ce jusqu’à sa fin,nous as toujours accueillis avec son inimitable grand sourire, toujours avide des nouvelles de l’hôpital ,de la politique de santé ou générale, locale, nationale ou internationale, surtout ne ratait jamais l’occasion de prendre des nouvelles de nos familles. Il ne manquait alors jamais de nous donner des nouvelles, toujours avec fierté, de Jocelyne,Rachel, ywan et Christophe.

il s’est par ailleurs forgé une expérience de la vie hospitalière qu’il nous a transmise avec deux maximes sous forme de conseil dans les relations des docteurs avec l’administration hospitalière ( je remercie par avance M et Mme les directeur de fermer leurs oreilles)

  • La technique du chiant gentil est efficace: cela veux dire ne rien lâcher, de redire encore et encore sa conviction, mais avec respect et courtoisie.
  • Toujours avoir un fer au feu( un projet en cours) avec notre administration, pour éviter d’être oublié

Que dire également de son implication active dans l’accueil l’attention et l’accompagnement des médecin étranger dans toutes les démarches administratives, d’intégration et de difficultés liés à l’éloignement. Reda ,Imane, Rasha, Claudia, Hatem et les autres savent ce que je veux dire.

Pour conclure, ce qu’il faut garder de cette vie professionnelle un peu plus remplie que la moyenne c’est le trépied du début: altérité , innovation, positivisme.

Face à un problème ou une difficulté professionnelle ou personnelle nous pouvons penser à Michel et essayer des réfléchir autrement grâce à ce trépied original.

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